COMMUNIQUÉ DE PRESSE
Dakar et Genève , le 6 juillet 2026 : Le Burkina Faso, le Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Mali, la Guinée et le Bénin peuvent se féliciter à présent d’avoir mis en place leurs Lignes directrices pour une intelligence artificielle éthique, inclusive et responsable. Dans un contexte mondial où l’IA transforme nos modes de fonctionnement, offrant à la fois de formidables opportunités et des risques considérables, ces lignes directrices fournissent un cadre permettant à nos pays de façonner activement la révolution numérique selon leurs propres termes.
Ce travail, intégré formellement dans les soumissions écrites du premier Dialogue mondial de l’ONU sur la gouvernance de l’IA, marque une étape décisive dans l’affirmation d’une approche africaine de l’IA, ancrée dans les droits humains, les diversités culturelles et les impératifs de développement du continent. Il est l’aboutissement d’un processus rigoureux réunissant des chercheurs, des experts techniques et, de manière cruciale, des directeurs généraux nationaux des ministères chargés du numérique et de la transformation digitale. Ces acteurs clés ont traduit une ambition commune : doter l’Afrique francophone d’un cadre de gouvernance de l’IA ancré dans ses réalités et ses priorités de développement.
« La révolution de l’intelligence artificielle s’accélère, et avec elle un choix s’impose à chaque nation : subir cette transformation ou en devenir acteur », déclare le Dr Aminata ZERBO/SABANE, Ministre de la Transition Digitale, des Postes et des Communications Électroniques, des Postes et des Communications Électroniques du Burkina Faso. « À travers ces lignes directrices », elle affirme, « nous posons un cadre qui nous ressemble, fondé sur nos valeurs, nos langues et nos réalités africaines. L’intelligence artificielle ne saurait être un horizon importé. Elle doit être un levier conscient, mis au service de la transformation de nos secteurs prioritaires et du progrès de nos populations. C’est à cette condition que cette technologie tiendra sa promesse d’être un véritable moteur de développement responsable, ancré dans le vécu et les aspirations de nos peuples. »
Valérie Traoré, Directrice Exécutive de NIYEL, l’organisation qui a facilité cet espace de dialogue ainsi que la structuration des lignes directrices, se félicite du processus. « Ce processus démontre que l’Afrique francophone a non seulement la volonté, mais aussi la capacité de définir ses propres normes en matière d’intelligence artificielle. Notre rôle à Niyel a été de créer un espace où cette volonté collective pouvait s’exprimer et se transformer en document d’orientation partagé. », a-t-elle renchéri.
Les lignes directrices proposent un cadre opérationnel pour développer des politiques d’IA qui soient intrinsèquement éthiques, inclusives, responsables, transparentes et souveraines.
Pour M. Aly Cherif, Directeur National des Technologies de l’Information et de l’Économie Numérique du Ministère des Postes, des Télécommunications et de l’Économie Numérique, Guinée Conakry, qui a activement contribué au développement des lignes, l’utilité des lignes est double pour les pays. « D’une part, utiliser l’IA comme un levier de développement humain, de cohésion sociale et de justice numérique pour répondre à nos défis structurels dans l’éducation, la santé, ou l’agriculture. D’autre part, mitiger les risques que les systèmes d’IA importés n’exacerbent pas les asymétries de pouvoir, ne reproduisent pas les discriminations structurelles ni n’altèrent pas les valeurs sociétales africaines. »
Selon Dr. Seydina M. NDIAYE, Docteur en informatique, spécialisé en intelligence artificielle, ces lignes directrices s’inscrivent dans une dynamique panafricaine et mondiale. Elles constituent une contribution africaine structurée au débat global, affirmant la capacité du continent à formuler ses propres orientations. Elles sont appelées à dialoguer avec les initiatives de l’Union Africaine et à nourrir les débats internationaux au sein d’instances majeures (UNESCO, ITU, Nations Unies), y apportant ainsi une voix africaine cohérente et documentée.
« J’appelle les décideurs politiques, les régulateurs, les chercheurs, les acteurs du secteur privé, la société civile et les jeunes, en particulier en Afrique francophone, à s’approprier ces lignes directrices. Utilisez-les comme référence pour élaborer des politiques nationales en matière d’IA. Appuyez-vous sur elles pour orienter l’innovation. Diffusez-les pour promouvoir la cohérence régionale et l’apprentissage mutuel ». Conclut M. Symerre Grey-Johnson, le Directeur de Développement social, Capital Humain et Développement Institutionnel (HCID) à l’agence de développement de l’Union Africaine (AUDA-NEPAD).
À propos de NIYEL
Créée au Sénégal en 2008, Niyel est une organisation internationale de plaidoyer, avec pour mission d’inspirer, de faciliter et de créer un changement dans les politiques et les pratiques dans divers secteurs et sur des questions relatives aux droits humains. Depuis 2021, Niyel s’est engagée dans le plaidoyer en faveur d’une intelligence artificielle responsable, inclusive et éthique en Afrique.
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